Un parc spirituel
aux sentiers divers
à parcourir...

Sentier de la spiritualité chrétienne du Carmel...
 
Sainte Thérèse d'Avila 
(1515-1582)
réformatrice du Carmel déchaussé
J'aime beaucoup cette femme d'action et de contemplation...  Elle ne passe pas par quatre chemins pour décrire son itinéraire humain et spirituel
et elle nous rejoint par sa spontanéité et sa personnalité ! Le récit de ses fondations de monastères carmélitains en sol espagnol est un véritable roman à parcourir ! Comme pasteur engagé dans la vie trépidante de notre monde contemporain, la grande Thérèse est une source d'inspiration infinie !
Sa grande sincérité, son amour du Christ, sa doctrine spirituelle sont autant de balises qui s'avèrent pour moi des ports d'attache et de sécurité
dans mon propre pèlerinage spirituel. Je considère cette  "fille de l'Église" comme un phare d'espérance pour aller plus loin...
Michel Lafontaine, B.Th. M.A.

Grande mystique, femme de prière et d'action, docteur de l'Église (elle reçut ce titre officiellement en 1970, après avoir été considérée comme telle depuis des siècles), Thérèse d'Avila est aussi et surtout connue comme la réformatrice de l'Ordre du Carmel.
 
Thérèse naquit en Castille (Espagne) en 1515. À la demande de ses supérieurs, elle a fait une relation de sa vie. Issue d'une vieille famille noble, elle rêve du martyre dès son plus jeune âge. À 18 ans elle au carmel d'Avila, sa ville natale. Mais la ferveur n'est plus celle des débuts de la communauté religieuse. Elle-même avoue avoir mené, durant 27 ans, une existence religieuse assez médiocre. Puis vient l'heure de Dieu. Les épreuves intérieures et extérieures, de santé en particulier, la préparent à recevoir les grâces qui vont la transformer.
 
Le dessein de Dieu est de la faire réformatrice de la vie carmélitaine. Elle va se lancer - ou plutôt se laisser lancer - dans une aventure qui devait paraître insensée, surtout à cette époque où la femme ne jouissait que de peu de liberté. Durant des années, malgré les obstacles de toutes sortes, les résistances, les incompréhensions, soutenue par la force de l'Esprit Saint, elle va travailler à cette oeuvre dont elle a la certitude qu'elle est la volonté divine: revenir aux sources de la Règle de vie fondatrice du Carmel. Après la fondation d'un petit couvent de carmélites réformées à Avila même, d'autres suivront. Par la force des choses, Thérèse devient moniale itinérante... Elle mène sa vie régulière dans un chariot bâché, avec les quelques religieuses qu'elle emmène dans les localités où se feront les fondations projetées. Elle raconte dans son ouvrage Les fondations cette étonnante épopée qui se lit comme un roman d'aventure.
 
Mais la branche masculine du Carmel a besoin, elle aussi, de retrouver la ferveur d'antan. Thérèse y travaille également. Dieu lui envoie des collaborateurs, en particulier saint Jean de la Croix. La lutte sera tout aussi dure. Mais cette maison spirituelle de prière qu'est le Carmel se bâtira sur le roc de la Parole de Dieu, et rien ne pourra plus la renverser.
 
Femme d'oraison, Thérèse d'Avila, dont la dévotion à saint Joseph est par ailleurs bien connue, a laissé à la postérité des oeuvres significatives  (Sa vie, Le Chemin de la perfection, Le Château intérieur) , qui ont aidé et aident encore des chrétiens dans leur croissance spirituelle.
 
En 1572, elle vécut le sommet de sa vie spirituelle par la grâce de ce qu'elle a appelé le mariage mystique. Ce couronnement n'a pas fait d'elle une marginale par rapport à la communauté ecclésiale, bien au contraire. Au moment de mourir, en 1582, elle dira dans un murmure: "Je suis fille de l'Église."
(Source: Marcel Driot, Le saint du jour, Médiaspaul, 1995)
 
      « Qu'il est admirable de songer que Celui
      dont  la grandeur emplirait mille mondes   
      et   beaucoup plus, s'enferme ainsi en nous
      qui sommes une si petite chose ! »
               (Chemin de la Perfection)
 
Pour aller plus loin:
 
 
 
 

De la Vie de sainte Thérèse par elle-même(Chapitre 22)                     

Le Christ Jésus dans la vie spirituelle

En compagnie d'un ami si dévoué, et d'un capitaine si valeureux, qui marche en tête dans la voie de la souffrance, on peut tout supporter. Il est notre soutien, il est notre force; jamais il ne nous fait défaut. C'est un ami véritable. Pour moi, je le vois clairement, et je l'ai toujours admis depuis le jour où il m'a ramenée de mon erreur. Nous ne pouvons plaire à Dieu que par la très sainte Humanité de Notre Seigneur; c'est par elle qu'il veut nous accorder des grâces signalées; en elle, comme il l'a dit, il a mis ses complaisances. J'en ai fait l'expérience très souvent, et le Seigneur lui-même me l'a dit. Telle est la porte, je l'ai vu clairement, par laquelle nous devons entrer, si nous voulons que la souveraine Majesté nous dévoile de grands secrets.

Ainsi donc, ne cherchez point d'autre chemin, alors même que vous seriez au sommet de la contemplation. En le suivant, on marche avec sécurité. Ce maître qui est nôtre est pour nous la source de tous les biens. C'est lui qui vous enseignera. Considérez sa vie : elle est le plus parfait des modèles. Que pouvons-nous désirer de plus que d'avoir près de nous un ami si dévoué, qui ne nous délaissera pas à l'heure de l'épreuve et de la tribulation, comme le font ceux du monde? Heureux celui qui l'aime véritablement et le garde toujours près de soi! Considérons le glorieux saint Paul ; il semble qu'il ne cessait jamais de prononcer le nom de Jésus, tant il le possédait au plus intime de son cœur.

Depuis le jour où j'ai eu connaissance de cette vérité, j'ai étudié avec soin la conduite de certains saints, grands contemplatifs; et ils ne suivaient pas une autre voie.

Nous devons marcher en toute liberté dans ce chemin de l'oraison et nous remettre entre les mains de Dieu. Si Sa Majesté veut nous élever au rang des princes de sa cour et de ses plus intimes favoris, allons-y simplement.

Je veux conclure par ceci. Chaque fois que nous pensons au Christ, rappelons-nous l'amour qu'il nous a témoigné en nous accordant de si hautes faveurs, et la charité excessive de son Père qui le pousse à nous donner en lui un tel gage de sa tendresse pour nous. Car l'amour appelle l'amour. Bien que le nôtre ne soit qu'au début et que nous soyons très misérables, ne négligeons rien pour avoir cette pensée toujours présente et nous exciter à aimer. Et si un jour le Seigneur daigne dans sa miséricorde imprimer cet amour en nos cœurs, tout nous sera facile; nous réaliserons les plus grands progrès en très peu de temps et sans la moindre fatigue.